mardi 24 novembre 2009

Coco.

  Le silence s’était installé entre nous. Les yeux injectés de sang et les genoux contre son torse, mon interlocuteur se tordait dans une position presque fœtale, son dos voûté contre les grilles du parc. Sa main gauche devant ses yeux, je le vois tourner à l’aide de son pouce l’alliance de son père. Il veut rétorquer, se concentre. Ce que j’aime chez Coco c’est que les discussions peuvent s’éterniser des jours durant alors qu’elles ont presque toujours le même sujet : notre scepticisme face à la religion, ses idées communistes, l’art, nos amours déchus.  Il tire sur sa cigarette d’une autre époque sans quitter le sol des yeux.
  -  C’est assez restrictif je trouve que de comparer l’ataraxie à l’orgasme ou la défonce.
Les mots sortent de sa bouche comme imprimés dans la fumée qui s’en dégage. Son paquet de Gauloises blondes près de sa slim-jacket, son béret posé contre son ventre chaud, ses yeux de rouge et de noir en quête d’intelligible, sont tout autant de témoins de lui-même, que l’on ne peut plus distinguer un de ces éléments disparates sans altérer l’œuvre personnelle qu’il s’est donné pour figure quasi-totale.
  J’ai envie d’un café au lait quand il me parle d’une France bleu-blanc-foutre. Et je me dis que Freud y aurait certainement vu beaucoup de choses.

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