Bibliothèque Universitaire de la Fac. de Droit
(première ligne de mon onzième carnet)
Première ligne. Ici le silence est d'or et tout rappelle que le temps n'est qu'un décompte à rebours. Des classiques poussiéreux sont sur toutes les étagères et ne servent aucune âme : Ici, ils n'ont plus le temps. On entend le vieux chariot d'une dame "fat" qui range les ouvrages.
Paie ton code pénal et ton droit des familles, ici les gens mangent le Petit Robert avant même de regarder les Minikeums.
C'est le petit pull à col "V" pour les hommes ; les filles elles, ont toutes la même coiffure, elles sont habillées en noir, portent des collants qui ne s'effilent jamais, et une fois plongées dans leurs livres, c'est pire : Elles sont des meubles. Des femmes-objets.
Là-bas il y en a une qui fait la chaise, l'autre la table... et une troisième se démarque, dans le sens où elle regarde une mouche péter avec passion.
La démarche et le style sont importants pour l'étudiant en droit : Oui, tu parais un riche de droite même si au fond de toi, tu sais que tu as l'air d'une tapette qui finira à la paperasse. Soyons réalistes, être un fringuant candidat à l'UMP, c'est aspirer à sucer des queues sous des bureaux. Et encore, si l'on veut bien t'écouter. Monde de corrompus, putain.
Dehors il fait bon, les arbres fruitiers sont frais et de la rosée perle à leurs écorces. L'automne lèche la vitre de sa grande langue rouge et fait pleuvoir des manteaux parfois. D'autres jours, les parapluies jaillissent, et une foule de champignons de toutes tailles voient le jour dans les rues. On se met à marcher sur l'eau, on fait des miracles, on apprécie la douche chaude le soir. J'ai des vers perdus de Shakespeare en tête sans me souvenir de la suite. Damned ! Ici ils n'ont rien ! Étagères vides d'art et pleines de société ! Étagères humaines sans divin aucun ! Je me noie ici, il me faut un café, une cigarette, il me faut m'auto-tuer ;
Ici les gens sont fâchés avec le temps qui passe ;
Ils ont arrêté de vivre parce que ça tue.
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