jeudi 26 novembre 2009

Des Oreilles et des Hommes.

  Hiroyuki Asada dessine vraiment bien. Sa souplesse de trait, ses inspirations, la perfection anatomique chez ses personnages… et les piercings aux oreilles de ses héros masculins qui changent en fonction de leur caractère.

  Je marchais à la Fac ce matin accompagnée de Quentin et Romain. Quentin portait son casque Skullcandy rouge au-dessus d’un fin bonnet noir et gris, et faisait une moue sceptique à ce que lui racontait son ami. Romain arborait un épais pull blanc qui jurait avec les mèches brunes qui lui tombaient dans le cou. Je les écoutais en rétorquant de temps en temps. Puis je songeais à cette discussion que j’avais eue hier avec Quentin, sur un banc en fer, La Légende des Siècles à la main. J’avais omis de porter ma paire de boucles à l’effigie du lapin de Lewis Carroll, et Quentin me disait :
-          Perso j’ai trois trous à l’oreille gauche - mais on ne les voit pas soit à cause du bonnet, soit à cause de mes cheveux. J’ai pensé me raser d’un seul côté de la tête pour dégager un peu et changer de style, mais j’ai vite abandonné.
  Une envie irrésistible de les voir me hanta soudain. Trépignant d’espoir, je m’avançais rapidement pour lui faire ma demande dans un souffle.
-          Quentin, est-ce que je peux voir tes piercings aux oreilles ?
-          Euh ouais si tu veux, lâcha-t-il en repoussant les mèches de cheveux épaisses qui encadraient son visage.
Penchant sa tête en découvrant son lobe petit à petit, j’avais l’impression d’assister à un lever de rideau. Les tambours dans ma tête battaient leur plein.
-          Ca te va ?
-          Waouh. Ils sont magnifiques ! m’exclamais-je, presque bouche-bée.
-          Si tu le dis.
Mon plaisir disparut dans un souffle quand il rabaissa son bonnet et son casque à leur place initiale. Et dans ces cas-là, y en a toujours un qui l’ouvre pour te faire sentir le fatal retour à la réalité.
-          Putain mais j’ai l’impression que t’es bien à fond sur les mecs genre rebelles, toi ! s’exclama Romain en riant. Les piercings aux oreilles, les cheveux mi-longs… On se croirait dans un putain de shôjo manga !
Aïe. Erreur mon ami.
-          Je HAIS les shôjos.
Cela dit Romain avait raison : mes goûts en matière de mecs étaient d’un cliché monumental. Mais qu’importe, j’ai encore le droit d’avoir mes fantasmes.
Encore faudrait-il qu’ils ne soient pas que tirés d’un trait de crayon.

mardi 24 novembre 2009

Coco.

  Le silence s’était installé entre nous. Les yeux injectés de sang et les genoux contre son torse, mon interlocuteur se tordait dans une position presque fœtale, son dos voûté contre les grilles du parc. Sa main gauche devant ses yeux, je le vois tourner à l’aide de son pouce l’alliance de son père. Il veut rétorquer, se concentre. Ce que j’aime chez Coco c’est que les discussions peuvent s’éterniser des jours durant alors qu’elles ont presque toujours le même sujet : notre scepticisme face à la religion, ses idées communistes, l’art, nos amours déchus.  Il tire sur sa cigarette d’une autre époque sans quitter le sol des yeux.
  -  C’est assez restrictif je trouve que de comparer l’ataraxie à l’orgasme ou la défonce.
Les mots sortent de sa bouche comme imprimés dans la fumée qui s’en dégage. Son paquet de Gauloises blondes près de sa slim-jacket, son béret posé contre son ventre chaud, ses yeux de rouge et de noir en quête d’intelligible, sont tout autant de témoins de lui-même, que l’on ne peut plus distinguer un de ces éléments disparates sans altérer l’œuvre personnelle qu’il s’est donné pour figure quasi-totale.
  J’ai envie d’un café au lait quand il me parle d’une France bleu-blanc-foutre. Et je me dis que Freud y aurait certainement vu beaucoup de choses.

Pathos


Aujourd’hui un type s’est fait renverser devant mes yeux. Quand je suis arrivée à la fac, le mot « pathos » était inscrit au milieu du tableau.
Je ne sais que penser.

Débat


Nous sommes en cours à la Faculté de Lettres de la Garde. Face à l'ennui de l'amphithéâtre une seule solution : Le débât stupide et grivois. C'est Thibault qui nous sert le sujet du jour avec panache :
Pour ou contre la sodomie ?
Et Romain qui s'exclame : "Contre. Parce que l’on n’entre pas par la sortie de secours d’un bâtiment. Et de plus, on ne repousse pas le repas de la veille - ça ne se fait pas".